Instant Start’Up : Gamifly Esports

  


Gamifly est une start-up française spécialisée dans la création d’outils d’engagement d’audiences et de communautés. Depuis sa création, cette dernière travaille sur deux pans précis :


-> Gameblr, outil de pronostics et de statistiques autour de l’esport ;

-> Gamelive, outil d’engagement de communautés en direct.


Crédit Image : Gamifly



Aujourd’hui, dans le cadre du lancement de notre rubrique dédiée aux start-ups de l’écosystème esport, nous avons choisi d’interviewer Vincent Jouglard, Co-Fondateur, CEO et CTO de Gamifly, ainsi que son associé Antoine Grimond, également Co-Fondateur et COO de l’entité.


De gauche à droite : Antoine Grimond (COO), Vincent Jouglard (CEO & CTO)
Crédit Image : Reed Midem


Bonjour Vincent, Bonjour Antoine. Comment allez-vous ?


En pleine forme et de super humeur, merci !



PRÉSENTATION

Nous avons le plaisir de vous accueillir pour vous poser quelques questions sur Gamifly et ses différents outils. Pouvez-vous, dans un premier temps, vous présenter ainsi que votre start-up, pour ceux qui ne vous connaîtraient pas ?


Alors Antoine et moi sommes tous les deux gros fans de jeux vidéo et d’esport depuis tous petits. Il y a quelques années, avec l’agrandissement de la scène esportive et sa professionnalisation, nous avons commencé à pronostiquer les résultats des matchs officiels, entre potes, sur une feuille Excel dans une Dropbox.

Et puis, l’idée est venue que, quand même, ingénieur et développeur de nos états, nous étions capables de beaucoup mieux. C’est ainsi que Gameblr est né, puis nous y avons invité nos communautés, qui y ont invité leurs communautés à leur tour et le snowball (NDLR : « l’effet Boule de Neige »)a démarré.



PRODUITS

En 2017, vous choisissez de fonder Gamifly et de commencer le développement de deux outils aux vocations proches : engager les audiences et les communautés. Quels sont les constats qui vous ont amené à cette solution ?


En plus de l’esport nous sommes tous deux fans de foot ; et alors qu’il existe de nombreux moyens de partager et de se challenger sur cette passion il n’en existait aucun dans l’esport – au-delà du chat Twitch, mais pas sûr que l’on puisse appeler ça du partage ! C’est de ce manque qu’est né Gamifly. L’intérêt pour la communauté, ainsi que les possibilités créées pour le secteur nous sont vite apparus évidents.



Comment s’est déroulé la création de la start-up et quelles ont été les étapes cruciales de son développement ?


La start-up existe depuis un petit peu moins de trois ans maintenant. Les premiers jalons techniques ont permi une sortie de la version alpha au bout de 6 mois, testée avec nos 100 premiers utilisateurs recrutés à la Paris Games Week. Avec eux, nous avons pu pousser le concept vers ce que Gameblr est aujourd’hui: 15 000 utilisateurs qui se challengent, entre eux ou entre communautés, gratuitement, dans la joie et la bonne humeur (à part pendant les gros derbys type G2 vs Fnatic !)

Et puis, au cours de nos recherches sur la monétisation, nous avons senti de la part des marques une attirance particulière pour la fonctionnalité “live” de Gameblr qui permet de faire des pronostics en direct pendant les parties.

C’est ainsi que nous avons décidé de développer Gamelive, notre deuxième produit, qui, comme son nom l’indique…est très très live.

Evidemment, tout ceci a été rendu possible par une forte dynamique dans l’équipe, une complémentarité et une solidité exemplaires mais aussi par la présence forte de nos advisers (NDLR : « Nos conseillers ») et un soutien sans faille de nos proches.



Concernant Gameblr, les paris financiers n’étant pas autorisés en France sur des compétitions esport, et la question financière étant le facteur motivationnel principal dans les activités de paris sportifs, quelle fut la réflexion quant à l’incitation à s’engager pour le spectateur ?


C’est naturellement venu de nos aspirations personnelles : nous ne sommes pas particulièrement parieurs. Ce que nous voulons surtout, c’est l’indicible plaisir de montrer à nos amis que nous avons eu raison !

Cet état d’esprit, très compétitif et très ludique en même temps, est partagé par la majorité des fans d’esport à qui nous nous adressons ; nous lui fournissons un outil d’expression formidable et c’est notre océan bleu. Notre but est justement de fournir ce sentiment de frisson du pari pour nos utilisateurs, sans les contraintes monétaires.


L’outil Gameblr et ses fonctionnalités
Crédit Image : Gameblr



Vous disposez d’un très grand nombre de statistiques allant du simple passif de l’équipe au sein d’une compétition jusqu’au pourcentage de victoires et autres chiffres liés à la performance des joueurs. Pensez-vous que ces outils peuvent apporter une solution statistique à des corps de métiers tels que des commentateurs, des analystes ou autres secteurs professionnels ?


Absolument. Nous avons une dimension de création de contenu assez forte : tant sur les réseaux sociaux avec le partage des pronostics qu’en direct avec ces statistiques que nous éditons.

Déjà, les sports traditionnels se nourrissent avec gourmandise de ces chiffres pour étoffer leurs contenus et analyses ; dans l’esport, la communauté est à la base très friande des calculateurs et autres outils annexes qui permettent de maximiser absolument toutes les prises de décisions. En ce qui concerne les professionnels, nous avons des possibilités de recoupements de données qu’aucun autre acteur sur le marché n’est en mesure de proposer.



D’un point de vue des titres esports, vous êtes actuellement entièrement consacrés à League of Legends. Quelles sont les jeux sur lesquels vous aimeriez vous implanter dans les années à venir ?


Gameblr est en effet complet et entièrement automatisé sur LoL et cette année marque le déploiement, en particulier et dans le désordre, sur Overwatch, CS:GO et Hearthstone.

Du côté Battle Royale, nous avons entamé des discussions avec certains éditeurs pour collaborer sur le développement d’un équivalent de Gameblr, qui serait support de promotion pendant les annonces majeures. Finalement, FIFA et MADDEN sont aussi à l’étude, dans les cartons et plutôt pour l’année prochaine.



Parlons également de Gamelive, outil d’interaction avec les audiences au cours de diffusions en direct. Quelles sont les initiatives que vous souhaiteriez développer pour engager davantage les communautés ?


Nous commençons à démarcher les LANs, tournois semi-professionnels et autres acteurs proposant des animations et activations en direct, pour leur présenter nos services d’engagement de communautés. C’est dans ces lieux mythiques, tels que la DreamHack, que se trouvent les communautés les plus actives et ferventes du secteur et c’est donc normal que nous nous tournions vers elles pour affiner tous ces outils et en faire profiter au maximum la communauté.


GameLive et son potentiel d’engagement d’audiences
Crédit Image : Gamifly



BUSINESS

Au commencement d’une start-up, de nombreuses méthodes de financement existent telles que la love-money (familles & amis), les fonds propres, le participatif ou encore l’investissement externe. Quelle a été la méthode employée dans le cadre de Gamifly ?


Comme pour toutes les start-ups j’imagine, un patchwork (NDLR : « un ensemble ») de tous ces dispositifs excepté le participatif : nous avons investi du temps et de l’argent personnel, fait le tour de nos proches et familles pour constituer une petite somme de départ nous permettant de développer le premier produit et avons finalement demandé des aides de l’État pour nous accompagner dans un premier temps.



En tant que start-up incubée au sein de Level 256, plateforme d’innovation dédiée à l’esport, quel a été l’accompagnement et l’impact de ce soutien dans votre développement ?


Pour nous, le plus important était d’être mis en contact avec des acteurs, autant de l’esport et d’autres secteurs, pour nourrir nos compétences et élargir notre champs de prospection. C’est en ça que le réseau d’incubateurs Paris&Co, dont fait parti Level 256, nous aide principalement.



Envisagez-vous la possibilité de faire appel à des levées de fonds pour poursuivre votre essor ?


Plus que l’envisager, nous sommes en ce moment en plein dedans !

Il s’agit pour nous de lever les fonds nécessaires à une expansion internationale et rapide pour asseoir notre position dominante dans le domaine de l’engagement en live via Gamelive. Nous faisons parti des premiers acteurs sur ce très beau marché et devons donc conquérir les provinces le plus rapidement possible pour conserver cet atout.



Actuellement, Gamifly et ses outils sont intégralement gratuits d’accès et d’utilisation. Quel est le business model de votre start-up ?


Nous fonctionnons sur un modèle BtoB, adressant d’une part les organisateurs d’événements et tout ce qui touche à l’animation de communautés : groupes de streamers, équipes, tournois…qui peuvent trouver un intérêt à avoir une communauté qui les aime et les suive dans la durée.

D’un autre côté, nous fournissons aussi la technologie Gameblr aux marques souhaitant communiquer de manière ludique avec le monde de l’esport. Nous cherchons d’ailleurs activement une marque majeure qui souhaiterait organiser son premier “Challenge de pronostics” sur les Championnats du Monde de LoL, dont la finale est à Paris à la fin de l’année.



Dans le cadre de Gameblr, étant donné la limitation juridique des paris sportifs citée plus haut, quels sont les business models que vous envisagez ?


Gameblr fonctionne aujourd’hui sur un modèle de média communautaire assez classique ; en plus, pour les événements majeurs, il est le support de promotion de marques. En ce qui concerne le futur, plusieurs évolutions sont envisageables, en particulier dans le monde de la data ; mais c’est une info que nous gardons pour nous 🙂



Pour chaque éditeur, ses jeux. Pour chaque jeu, ses statistiques. Comment justifiez-vous la valeur ajoutée par votre plateforme auprès des éditeurs de titres esportifs ?


Un utilisateur qui fait ses pronostics sur un jeu et anime sa communauté avec du fun supplémentaire aura plus de mal à passer sur un autre jeu. Notre engagement sert en ça les éditeurs : nous travaillons sur un ancrage fort des communauté, qui vient contrebalancer sa volatilité à chaque sortie de nouvelle grosse production.



FUTUR DU PRODUIT

Prenons à présent une optique de long terme. Quelle est la vision actuelle du projet Gamifly et de chacun de ses outils ?


La vision à long terme est de s’imposer sur d’autres marchés que le français : pour Gameblr, il s’agira de regrouper des communautés internationales et les faire venir se challenger entre elles dans des défis toujours plus nombreux et sur des jeux de plus en plus nombreux.

Pour Gamelive, nous prospectons activement les acteurs que nos outils d’engagement en live peuvent intéresser pour diversifier et étendre notre portefeuille de clients B2B et travaillons avec eux pour proposer encore plus de fonctionnalités originales. Dans tous les cas, ce sont les communautés du monde entier qui seront gagnantes car elles seront les premières à avoir accès à ces innovations !



Quelles sont les évolutions concrètes que vous envisagez pour appliquer cette vision à court, moyen et long terme ?


D’abord, le développement des autres plateformes Gameblr, qui passera par du recrutement de notre côté.

Ensuite, la multiplication des moyens d’animation et d’engagement côté Gamelive. Nous réfléchissons à pousser la gamification à un niveau supérieur, toujours plus ludique et engageante ! Finalement, nous explorons des pistes qui permettent, via Gamelive, d’aider les streamers et influenceurs dans la monétisation de leurs communautés.



Le marché de l’esport s’étend à présent au monde entier, avec une tendance et un intérêt grandissant pour l’Asie. Quels sont les secteurs géographiques et les marchés locaux dans lesquels vous souhaiteriez investir ?


Gameblr est déjà disponible en français, anglais et japonais, bientôt en chinois, espagnol et portugais. Cette facilité à atteindre l’international est un des atouts phares du monde du numérique et pour nous il s’agit donc d’aller en priorité vers les bassins communautaires les plus importants, pour toucher la cible la plus large possible et les acteurs les plus nombreux et intéressants. C’est dans ce schéma que nous avons déjà des business développeurs en Amérique du Nord et au Japon qui avancent très rapidement dans la prospection sur place.



FUTUR DE L’ÉCOSYSTÈME


Clôturons avec un aspect plus général de l’écosystème esportif. Quelles sont les évolutions que vous anticipez vis-à-vis des paris au sein de l’esport dans un futur proche, en France notamment, et quelles actions entreprenez-vous en ce sens ?


C’est une question complexe, particulièrement au niveau de la législation française. Certains pays commencent à proposer des ouvertures légales, soit à tâtons pour prendre la température du marché, soit dans des lieux dédiés comme les casinos aux US.

Dans le même temps, la Belgique adopte une réglementation extrêmement sévère sur les “lootbox”. Face à l’instabilité et l’incertitude, notre réponse est de nous baser sur nos acquis et notre stratégie : proposer de la gamification et de l’engagement sur ce secteur relativement neuf dans le paysage du divertissement, asseoir notre légitimité et notre leadership dans nos domaines de prédilection et participer activement, bénévolement et passionnément aux conférences et tables rondes qui ont pour vocation de faire évoluer le secteur et en définir ses axes d’évolution.



Les plateformes de paris en ligne, notamment à destination de l’esport, se multiplient à l’heure actuelle. Comment comptez-vous vous démarquer de ces concurrents ?


En ne faisant pas de pari, mais bien du pronostic ! Le pari n’est pas aujourd’hui une fin ou une stratégie à long terme de notre côté. Nous restons éloignés des mastodontes déjà en place et faisons le pari- euh… le pronostic ! que la communauté continuera de recevoir notre proposition de valeur les bras grands ouverts et avec beaucoup de plaisir.



L’expansion de l’esport est en cours, faisant entrer davantage de moyens financiers dans l’échiquier. Si le sponsoring truste actuellement la part la plus importante des revenus de l’écosystème esportif, pensez-vous que les paris pourront un jour y tenir une place prépondérante ?


Aujourd’hui, la question n’est pas “si” mais “quand”. Les prévisions de marché du pari sur le secteur sont plus élevées années après années. Il existe même un marché non officiel mais évalué entre un à 15 milliards de dollars suivant les sources. Il nous apparaît évident que les acteurs du pari esportif auront le même rôle que ceux du pari sportif, avec les mêmes avantages pour le milieu mais aussi son wagon d’inconvénients.





Merci beaucoup pour avoir accepté notre interview et répondu à nos questions ! Vous pouvez retrouver Gamifly sur son site officiel ainsi que ses différents réseaux sociaux.

Site officiel de Gamifly : https://bit.ly/2WXKN4n

Site officiel de Gamblr Esports : https://bit.ly/2I97Q91



Alexandre « SuriPlay » Carlier

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