COMMENT LE SPORT ET L’ESPORT RÉAGISSENT À LA CRISE DU CORONAVIRUS ?

  
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La pandémie de COVID-19 qui sévit aujourd’hui, a plongé le monde dans une période trouble. Annulations, reports, confinements, voilà les mots-clés de ce début d’année 2020.

Face aux mesures, toutefois, chaque organisateur fut libre de choisir sa voie, espérant un retour à la normale au plus vite. Des événements, des concerts, des spectacles, des compétitions, annulées, reportées, c’est une véritable déferlante qui s’est abattue sur le monde entier.

C’est là qu’en pleine période de confinement, les premières lueurs d’adaptation pointent le bout de leur nez.

Des compétitions qui reprennent en ligne, des sportifs qui viennent se baser sur le jeu vidéo pour poursuivre leur œuvre, décryptons la manière dont le sport et l’esport s’adaptent en ces temps de crise.



L’Esport : un passage en ligne dans la continuité



Face aux mesures de confinement, l’esport s’est arrêté l’espace d’un temps. Les événements compétitifs à travers le Monde ont connu cette fameuse période d’annulations ou de reports qui marquaient la prise d’ampleur du COVID-19.



Tour à tour, les organisateurs ont informé leurs communautés respectives, espérant une crise des plus courtes.

Le 17 mars 2020 à 12 h 00, la France lançait le coup d’envoi de son propre confinement. Les mesures étaient drastiques, inédites, mais nécessaires.

Toutefois, tel que le défunt Albert Uderzo, à qui nous rendons hommage, l’avait écrit dans Astérix : « Après la pluie, le beau temps ».

Pour l’esport, cela signifiait une chose : s’adapter, trouver de nouvelles solutions. L’une d’entre elles, massivement retenue, n’était autre qu’un retour aux sources du secteur, celui de passer les instances d’un format physique ou semi-physique (comprenez en studio), à un ensemble complètement en ligne.



League of Legends, Overwatch, Counter-Strike, les exemples sont légion pour les titres compétitifs ayant fait ce choix.

Justement, étudions l’impact de ces revirements de situation pour les organisateurs.

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Crédit Image : TwitchTracker



D’un seul coup d’œil, les compétitions sont revenues cette semaine dans les hauteurs de la plateforme Twitch en matière d’audience. Dans ce classement des pics de spectateurs fourni par l’outil Twitchtracker, l’on ne remarque pas moins de 5 chaînes officielles d’instances esportives soit 50 %.

Corrélons ces données avec un autre rapport effectué par le site The Esports Observer, nous dévoilant une ESL Pro League au sommet de son art et de Twitch.

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Crédit Image : The Esports Observer



Cette forte présence dans les hauteurs de la plateforme Twitch s’explique en partie par le « mercato » des diffuseurs actuellement en cours depuis le départ de Ninja sur Mixer. Influenceurs de renom, compétitions, nous avons vu de tout : des départs comme des confirmations.



La question à présent est de savoir : Les compétitions performent-elles uniquement par leur présence en temps de crise ?

La réponse est non. Si le fait d’apparaître et de maintenir ses opérations en ligne apporte un confort et un soulagement pour toute la communauté esport, il faut aussi noter un détail.

Dans l’actualité récente, YouTube tout comme Netflix ont tous deux procédés à des mesures visant à réduire leurs bandes passantes respectives en Europe. Des décisions localisées qui traduisent néanmoins un fait : il y a une audience globale plus importante qu’à l’accoutumée.

Crédit Image : TwitchStats



Sur ce rapport du site TwitchStats, il est possible de voir une nette amélioration des audiences journalières sur la plateforme américaine. Bien que peu lisible en l’état, la grande montée que l’on observe sur la période récente débute aux alentours du 16-17 mars, corrélant avec les mesures de confinement décrétées partout en Europe puis aux États-Unis.

Ainsi, passer en ligne lorsque l’on est une compétition esport peut effectivement être vu comme un retour en arrière, aux premiers temps du secteur. Malgré tout, cette vision ne prend pas en compte le potentiel d’audience qui surgit au-delà de la crise.

Est-ce que cela va profiter à chacune de ces instances compétitives ? Là est la question qui ne trouvera une réponse que dans les mois à venir.



Le Sport : un arrêt solutionné par son collègue virtuel ?


Le sport traditionnel fait partie des secteurs touchés par la propagation du COVID-19 et souffre même davantage de l’annulation de ses événements. Chaque match, chaque rencontre, chaque tournoi, rien ne peut se faire sans représentation physique possible.



Les ligues majeures américaines que sont la NBA, la MLS, la NHL, les ligues de football en Europe telles que la Ligue 1, la Liga, tout s’est progressivement arrêté jusqu’à nouvel ordre. Une perte colossale pour le secteur, mais qui se révèle doué d’adaptation.

Longtemps, le sport traditionnel et l’esport se sont vus opposés l’un à l’autre. Si cette quête ne semble pas avoir de fin, c’est dans la réunion qu’il faut finalement regarder.

Au-delà du confinement, le sport a ainsi choisi son homologue électronique pour poursuivre ses activités.

C’est le cas de la célèbre course automobile du NASCAR aux États-Unis qui a choisi une solution des plus inédites : les pilotes professionnels aux commandes de leurs voitures depuis leur maison, par l’intermédiaire des périphériques nécessaires pour jouer.



La surprise est que cet événement diffusé sur FOX Sports a réuni 903 000 spectateurs d’après Nielsen soit l’événement esport le plus regardé de l’histoire de la télévision américaine. 

Les NASCAR Pro Invitational Series, doux nom qui est attribué à cette compétition, prévoit déjà de poursuivre ses efforts afin de maintenir l’activité.

Dans le même esprit de course, la Formule 1 s’est elle-même adonnée à ce qu’elle appelle le «Virtual Grand Prix ».

Cette simulation de grand prix de F1 fonctionne sur le même principe que son équivalent Nord-Américain à savoir la simulation d’étapes du circuit mondial via plusieurs pilotes professionnels et le jeu F1 2020.



C’est ainsi que l’étape de Bahreïn au Moyen-Orient a été simulée sur le titre dans une compétition qui ne comptera pas pour le classement final, mais réjouira le cœur des fans.

Dans le même temps, nous avons également d’autres exemples plus proches du territoire français comme le Top 14. Le grand championnat national de rugby a lancé une initiative au travers du jeu Rugby 20.



L’idée est simple, suivre la programmation qui aurait dû être effective à la date considérée au travers de la simulation du jeu. Les résultats ne sont pas pris en compte dans le championnat usuel.

Malgré tout, le Top 14 a annoncé étudier la possibilité de faire des matchs virtuels pour agrémenter davantage le paysage du ballon ovale en ces temps de confinement.

Enfin, citons également la télévision française qui s’est emparée de ce même phénomène de l’esport alors que les programmes sportifs viennent à manquer.

La chaîne Canal+ a retransmis en prime time une rencontre entre les représentants esportifs des clubs du PSG eSports et de l’Olympique de Marseille ce dimanche 22 mars.



Le Classico devait se tenir à cette date, mais confinement oblige, l’esport aura permis de délivrer la dose de football tant attendue par les spectateurs.



CONCLUSION : RESTEZ CHEZ VOUS


Pour clôturer cette analyse, nous vous conseillons de respecter les recommandations du gouvernement français afin d’éviter la propagation du COVID-19.

Comme vous avez pu le voir ici, même si vous restez chez vous, vous aurez toujours de quoi regarder votre sport ou votre esport favori !



Alexandre « SuriPlay » Carlier (Twitter)



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